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20260203 Signature courriel 

En 2026, la fédération France Victimes célèbre un cap symbolique : 40 ans d’engagement au service des personnes victimes.

Créée en 1986 sous le nom d’INAVEM, la Fédération n’a cessé d’évoluer, de se structurer et d’innover, tout en restant fidèle à sa mission fondatrice : faire reconnaître les droits des victimes et garantir un accompagnement humain, professionnel et accessible sur l’ensemble du territoire.

On a changé de nom, pas de mission. Depuis 40 ans, nous sommes aux côtés des victimes.

 

Un colloque anniversaire pour se retrouver et penser l’avenir

Pour marquer cet anniversaire, la Fédération réunira, le 1er juin 2026 à l’Espace Saint-Martin (Paris), les associations du réseau France Victimes ainsi que ses partenaires institutionnels et associatifs, autour d’un colloque placé sous le signe de la mémoire, de l’engagement et de l’avenir :

« Mémoires vives : 40 ans au cœur de l’aide aux victimes »

Pensée comme un temps fort interne au Réseau, cette journée – réservée aux professionnels et partenaires invités – aura une double ambition : célébrer le chemin parcouru depuis 1986 et réfléchir collectivement aux transformations du secteur.

Depuis quatre décennies, l’aide aux victimes s’est profondément structurée : reconnaissance progressive des droits, professionnalisation des pratiques, développement de dispositifs spécialisés, coopération renforcée avec les institutions judiciaires, sociales et sanitaires.

Mais les enjeux évoluent. L’augmentation des catastrophes naturelles, la montée des cybermalveillances, l’internationalisation des parcours de vie, ou encore l’émergence des technologies numériques et de l’intelligence artificielle transforment les formes de violences et les besoins d’accompagnement.

Face à ces mutations du champ de l’aide aux victimes, la responsabilité du réseau France Victimes est claire : faire évoluer les pratiques professionnelles pour continuer à accompagner au mieux les personnes victimes, sans jamais perdre le sens de notre engagement.

Pour cela, la journée du 1er juin s'articulera en deux temps complémentaires :

  • Le matin sera consacré à une pleinière réunissant l'ensemble des participants autour d'une réflexion transversale sur la place de la victime dans notre société.
  • L'après-midi donnera lieu à plusieurs ateliers thématiques, favorisant des échanges plus interactifs. Seront notamment abordés le paradoxe de la mémoire – entre amnésie et hypermnésie –, la construction et la structuration de la mémoire judiciaire à travers les pôles et dispositifs spécialisés, l'accompagnement des mineurs victimes, ainsi que l'articulation entre récits individuels et mémoire collective.

Ces ateliers seront l'occasions pour les professionnels du Réseau de confronter leurs pratiques et de nourrir une réflexion commune sur les enjeux actuels de l'aide aux victimes.

Une affiche symbolique : relier mémoire, justice et avenir

À l’occasion de cet anniversaire, l'affiche originale créée par la graphiste Mathilde Cioccolini illustre visuellement ce qui fonde l’action du réseau : le lien.

20260303 Affiche 40ans site internet 1

 

Elle met en scène plusieurs figures reliées par des lignes courbes bleues, symbolisant les liens sociaux, les connexions et la solidarité qui structurent notre action.

À travers plusieurs figures reliées entre elles, elle met en scène l’écoute, la transmission des droits, l’accompagnement et la continuité entre l’INAVEM d’hier et France Victimes d’aujourd’hui. En arrière-plan, la silhouette du Panthéon rappelle l’ancrage institutionnel de l’aide aux victimes, l’impulsion du mouvement par Robert Badinter, et l’importance de la mémoire dans la construction de la Justice.

Un visuel, comme une carte postale, qui fait dialoguer passé, présent et avenir — à l’image de ces 40 années d’engagement.

Une dynamique européenne : 2 et 3 juin 2026

Dans la continuité de cette journée anniversaire, la Fédération accueillera à Paris, les 2 et 3 juin 2026, la conférence annuelle de son partenaire européen Victim Support Europe (VSE).

Organisée en étroite collaboration avec France Victimes, cette édition 2026 réunira des professionnels de l’aide aux victimes, des décideurs publics et des experts venus de toute l’Europe autour d’un thème résolument tourné vers l’avenir :

« The Frontliners: Functional, Funded and Future-ready ».  Fonctionnement, financement et préparation de l’avenir

Ces deux journées permettront d’échanger sur la mise en œuvre concrète des droits des victimes à l’échelle européenne, sur le renforcement des capacités des organisations, sur la qualité et la pérennité des services proposés, mais aussi sur l’intégration d’innovations technologiques éthiques et le bien-être des professionnels de première ligne.

Elles seront également l’occasion de célébrer deux jalons majeurs : les 40 ans de France Victimes mais aussi les 25 ans du 116 006, numéro national d’aide aux victimes.

En réunissant les acteurs européens du secteur, ces deux journées contribueront à renforcer les coopérations transnationales et à construire, ensemble, l’aide aux victimes de demain.

L'événement est ouvert au grand public. Les inscriptions sont disponibles sur le site de Victim Support Europe : https://2026.vse-conference.eu/fr/


© EPA

L’incendie survenu en Suisse, à Crans Montana, dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, au bar « Le Constellation » a causé le décès de 40 personnes, avec en plus 116 blessés. 

Le bilan des victimes françaises est important : 9 victimes décédées et 25 victimes blessées (c’est-à-dire passées par un hôpital), en plus de toutes les personnes présentes exposées à cette catastrophe. 

La fédération France Victimes a été réquisitionnée par le Pôle Accidents Collectifs du Parquet de Paris, pour porter aide et assistance aux victimes ainsi qu'à leurs proches. 

Le 116 006 a été rapidement diffusé comme point de contact pour les victimes, les proches, souhaitant bénéficier d’un accompagnement ; en parallèle, il a également effectué des appels dits « sortants », c’est-à-dire que les écoutants ont appelé directement les victimes et leurs familles, afin de leur proposer aide et soutien. 

Au 29 janvier 2026, on recense 74 appels au 116 006 en lien avec cet incendie. 

Suite à ces appels mais aussi aux sollicitations des ministères (Affaires étrangèresJustice), 22 associations d’aide aux victimes adhérentes à France Victimes ont été mobilisées sur l’ensemble du territoire, pour mettre en place un accompagnement de proximité à destination des victimes et de leurs proches, en lien avec l’ensemble des autres professionnels intervenant auprès des victimes, en particulier les personnels hospitaliers et les CUMP (cellules d’urgence médico-psychologiques). 

Au total 140 entretiens pluridisciplinaires ont actuellement été réalisés par les associations, et vont perdurer sur le long terme, pour soutenir l’ensemble des victimes, les informer sur leurs droits en France, en Suisse, les démarches réalisables, et faciliter leurs mises en lien avec d’autres acteurs. 


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Le 19 février 2026, à la Maison de la Chimie à Paris, plus de 200 participants se sont réunis à l’occasion de l’événement “Cyber : les chemins de la manipulation”. Organisée en partenariat avec Cybermalveillance.gouv.fr, Aéma Groupe, le journal l'Opinion et France Victimes, cette conférence a exploré une question centrale : comment les cybercriminels manipulent-ils l’humain — et comment prévenir les blessures invisibles qui en découlent ?

Record de participation, présence de journalistes nationaux, débats d’experts : l’après-midi a confirmé que le cybercrime n'est pas une affaire de systèmes informatiques. Il touche l’intime, le psychologique, le réel.

Cyberattaques : un basculement vers le monde réel

En ouverture, Pascal Michard, président d’Aéma Groupe, a rappelé que le risque cyber est devenu un risque humain et sociétal.

Jérôme Notin, directeur général du GIP, a expliqué dans son propos sur l'état de la menace qu'une bascule s’est opérée en octobre 2025 : Nous ne sommes plus uniquement touchés dans notre vie numérique, mais aussi dans notre vie réelle. Le rapport 2024 de Cybermalveillance.gouv.fr confirme l’ampleur du phénomène : les attaques se multiplient et leurs conséquences sont durables.

Il a notamment expliqué que des fuites de données massives avaient pu entraîner des conséquences dans le réel : comme le vol d’armes au domicille après le piratage de bases de données de la Fédérartion française de tir, des enlèvements ciblant des détenteurs de cryptoactifs, des cyberharcèlement d’élus… La cybercriminalité franchit largement les frontières de l’écran.

L’ingénierie sociale : l’art de manipuler l’humain

Le cœur des échanges a porté sur les techniques d’influence et mécanismes psychologiques exploités par les cybercriminels. Le chercheur en cybersécurité et hacker français, Baptiste Robert, a rappelé un principe fondamental : la cybersécurité passe d’abord par les personnes, ensuite par les infrastructures.

Il a présenté le framework MICE (Money, Ideology, Coercion, Ego), quatre leviers émotionnels utilisés pour influencer une cible. Selon le chercheur, pour éviter de se faire manipuler : il faut développer son esprit critique, juger la situation et prendre du recul sur ses relations sociales. 

Industrie et cybersécurité : l’humain au cœur des manipulations

Cette table ronde a mis en lumière un point essentiel : avec la numérisation des usines et la mise en données des systèmes de production, l’humain devient la première surface d’attaque.

Laurent Verdier, directeur de la sensibilisation de Cybermalveillance.gouv.fr, Anne Tricaud, directrice de cabinet en charge de la sûreté et de la cybersécurité chez Airbus, et Marwan Mery ont rappelé que les attaquants exploitent avant tout les biais cognitifs : autorité, urgence, surcharge mentale. À l’image du Baron Lustig, qui avait réussi à “vendre” la tour Eiffel, la manipulation repose sur un tunnel de persuasion qu’il faut apprendre à briser.

Les profils d’attaquants varient : opportunistes cherchant un gain rapide, cybercriminels rationnels, hacktivistes jouant sur l’idéologie, insiders profitant de tensions internes ou encore rookies misant sur une hygiène numérique défaillante.

Anne Tricaud a insisté sur la réalité du terrain industriel : les fonctions financières sont régulièrement entraînées aux tentatives de fraude au contraire des salariés des ateliers; alors qu'ils sont exposés via les outils numériques. Les temps de sensibilisation des ouvrier sont parfois limités par rapport aux fonctions administratives, afin de ne pas casser la chaîne de production. Un impératif pour les équipes de sûreté et sécurité : celui d'aller à l’essentiel, parler des attaques les plus courantes, renforcer la vigilance face aux tentatives personnalisées et rappeler que le risque humain ne doit jamais être sous-estimé.

Dans ces environnements stratégiques, l’engagement du sommet reste déterminant. Lorsque la direction générale s’exprime sur les enjeux géopolitiques et technologiques, elle envoie un signal clair : la cybersécurité est une responsabilité collective, portée par l’ensemble des décideurs.

Le mentaliste Pierre Onfroy a, quant à lui, illustré par une démonstration in situ comment une personne peut devenir co-auteur involontaire d’une manipulation, en acceptant progressivement des déviations de procédure, et rentre dan un schéma déjà balisé par une personne souhaitant la manipuler. 

Fraudes financières : une industrialisation de l’escroquerie

Annick Rimlinger, directrice de la sécurité globale Aéma Groupe, a relaté un cas d’usurpation d’identité particulièrement sophistiqué : faux conseiller, documentation crédible, standard téléphonique reconstitué. Une mécanique proche du “pig butchering” - arnaque sophistiquée où les escrocs gagnent la confiance de leurs victimes sur le long terme, souvent via une relation sentimentale ou amicale, avant de leur soutirer de l'argent, où la victime est mise en confiance avant d’être progressivement dépouillée.

Muriel Sobry, directrice de la sécurité et de l’intelligence économique du groupe EDF, a rappelé que la fraude au président évolue sans cesse : WhatsApp, IA vocale, réunions Zoom truquées… Les modes opératoires se perfectionnent avec l'évolution de la technologie. 

Hélène Bernardini, fondatrice de la communauté « Hack the OT » et actuellement responsable cyber dans un grand groupe français, a pu partager un constat : les fraudeurs privilégient désormais de petits gains sur un grand nombre de victimes, plutôt qu’un coup spectaculaire.

Arnaques à l’amour : exploiter la vulnérabilité émotionnelle

La table ronde consacrée aux escroqueries sentimentales a mis en lumière l’isolement progressif des victimes par les escrocs. 

L’écrivain Alexandre Kauffmann, auteur de La Captive, a évoqué le mécanisme des “broutteurs”, appelés aussi les "tappeurs de clavier" ou encore les "guys", : sortir la victime de la plateforme, créer un lien exclusif, exploiter la confiance.

Benjamin Puygrenier, qui représentait le Match Group, a insisté sur l’importance de l’éducation numérique et des dispositifs de sécurité intégrés sur les plateformes de dating : vérification d’identité, selfie en temps réel, signalement des comportements suspects. Ici les entreprises peuvent compter aussi sur l'évolution de la technologie mais sont aussi confrontées au dilemme de la sécurité versus la confidentialité. Doit-on aller, comme aux états-unis, jusqu'à l'utilisation de l'identification biométrique pour assurer la sécurité numérique des utilisateurs des applications de rencontre ? 

Un chiffre avancé par Alexandre Kauffmann interpelle : 80 % des victimes d’arnaquessentimentales sont des femmes — mais les hommes sont davantage ciblés par la sextorsion.

Les conséquences psychologiques : sortir du silence

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Au-delà des pertes financières, les intervenants ont souligné les impacts psychologiques durables : stress post-traumatique, honte, isolement, effondrement de la confiance.

Constance Rivals, cheffe adjointe de la Plateforme Téléphonique d'Aide aux Victimes - PFTAV, de la Fédération France Victimes, a partagé des données parlantes :

  • 1 500 appels liés aux atteintes aux biens et usurpations d'identité en 2019
  • 18 000 en 2024 soit 43% de l'activité de la PFTAV.

La progression est massive, et la bascule s'est opérée en 2020 avec la crise de la COVID et continue d'augmenter à mesure des avancées technologiques (utilisation massive de l'intelligence artificielle, fuite de données importantes, cyber-guerre). 

Pour la cheffe adjointe de la PFTAV, la victime n’est jamais actrice de l’infraction, il faut qu'elle puisse parler, alerter, se faire accompagner est essentiel.

Franck Gicquel, directeur des partenariats de Cybermalveillance.gouv.fr, a rappelé que 500 000 parcours de personnes victimes ont été analysés pour établir un état précis de la menace.

Sensibiliser, c’est expliquer les risques et leurs impacts, mais surtout indiquer comment s’en prémunir et vers qui se tourner. Le dispositif 17Cyber permet un premier diagnostic, apporte des conseils adaptés et oriente vers les associations d’aide aux victimes ou des professionnels compétents.

Pour le GIP Cybermalveillance, le message est simple :

  • Ne pas rester seul.
  • Alerter rapidement.
  • Couper le contact avec l’attaquant.
  • Recourir aux dispositifs d'aide existants et porter plainte.

Prévenir les cybermalveillances plutôt que subir : un enjeu collectif

La conférence a mis en évidence un impératif :

  • Sensibiliser sans culpabiliser ;
  • Intégrer le risque humain dans la gouvernance ;
  • Proposer des solution techniques, juridiques et un accompagnement sur le long terme pour les personnes victimes. 

Comme l’a rappelé Jérôme Moreau vice-président de la fédération France Victimes en conclusion : la question est celle de la dignité. La manipulation vise à faire miroiter, isoler et extorquer ; y répondre, c’est restaurer le pouvoir d’agir.

Il est à retenir que : 

✔️ Nous sommes tous potentiellement vulnérables
✔️ Les cyberattaques exploitent d’abord des émotions
✔️ Les conséquences sont réelles, parfois traumatiques
✔️ Des solutions existent — à condition de ne pas rester seul

Face à l’industrialisation de la fraude et à la sophistication des manipulations, la réponse doit être collective. Parce que la cybersécurité n’est plus seulement technique : elle est profondément humaine.

 

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Capture décran 2025 12 30 à 13.01.23

 

Le samedi 13 décembre s’est tenu un événement très important et attendu dans la vie démocratique du Réseau France Victimes : la Conférence des Présidents, qui a réuni une centaine de participants, élus et directions, sous un format hybride : la moitié était présente dans les locaux de la Fédération, et l’autre à distance, en visio. 

La matinée a été consacrée à des échanges avec Mme Claire LIAUD, Cheffe du SADJAV, sur les finances et orientations budgétaires du ministère de la Justice pour 2026 : Ségur, recentrage sur l’activité dite Justice (et notamment les BAV), etc. 

De nombreux participants ont évoqué leurs réalités de terrain : des demandes partenariales toujours plus importantes, sur un temps bien plus large que celui judiciaire, des accompagnements plus longs, des surcharges de travail persistantes dans les structures, des incompréhensions sur les critères d’attribution des subventions par les cours d’appel face à un volume d’activités sans cesse rapporté et justifié. Capture décran 2025 12 30 à 13.05.31

 

Ce temps de discussions animées et de travail, est toujours très apprécié. 

L’après-midi, des sujets internes au Réseau ont été abordés, tels que :

- le déploiement sur les territoires des partenariats avec les Associations Départementales des Maires de France, pour la prise en charge des élus victimes et de leurs familles, 

- l’alerte portée par la Fédération, aux côtés de Citoyens et Justice, concernant une expérimentation du ministère de la Justice à venir, visant à confier les enquêtes sociales rapides aux SPIP, au détriment des associations, porteuses de ces mandats de longue date, de nature à fragiliser profondément l’ensemble du secteur socio-judiciaire et à faire peser, par ricochet, un risque majeur sur l’accompagnement des victimes, la moitié des associations du Réseau étant « double champ ». 

- l’identification de chaque structure associative sous la même bannière « France Victimes » : actuellement, 34 % des AAV ne se sont pas du tout appropriées le nom. Les autres l’ont soit pris en totalité, soit, pour plus nombreuses encore, l’ont ajouté à leur nom d’origine : beaucoup parmi elles soulignent les bienfaits suivants : notoriété nationale, reconnaissance institutionnelle, crédibilité forte auprès des institutions, identification locale forte avec des partenaires qui comprennent que les AAV France Victimes travaillent de la même façon, avec les mêmes valeurs, ce qui est une plus-value.

- ou encore les impacts d’une organisation régionale plus marquée, l’anticipation autour des « grands procès », qui concernent chaque année toujours plus d’associations dans le Réseau. 

Cette journée a été jalonnée par des interventions nourries et structurées de la part des Présidents et Directions présents. 

Il en ressort des inquiétudes persistantes et évidemment légitimes, malgré la force et la solidarité d’un Réseau professionnel profondément engagé dans l’accompagnement des personnes victimes depuis plus de 40 ans. 

Prochains rendez-vous le 25 avril pour l’Assemblée Générale de France Victimes, puis le 1er juin, à Paris, pour les 40 ans de la Fédération.


 

202506 Signature La Voix de Sarah

 

Dans la continuité de son engagement en faveur d’un accompagnement spécialisé pour toutes les victimes, France Victimes a signé, le 3 juin 2025, un partenariat avec La Voix de Sarah, association fondée par l’ancienne patineuse artistique et championne Sarah Abitbol. Ce partenariat a pour objectif de renforcer la visibilité des dispositifs existants, de faciliter l’orientation des victimes concernées, et de briser le silence autour des violences dans le milieu sportif. 

Née d’un parcours de résilience et d’un engagement personnel fort, l’association La Voix de Sarah agit pour la prévention des violences sexuelles, physiques et psychologiques dans le sport. Elle propose des actions de sensibilisation à travers des conférences, des expositions et des ateliers, tout en soutenant les personnes victimes dans leur processus de reconstruction grâce à une approche humaine, artistique et engagée. 

La convention signée entre France Victimes et La Voix de Sarah met en place une collaboration opérationnelle de reconnaissance et de réorientation mutuelle. Les écoutants du 116 006, ainsi que les professionnels du réseau France Victimes, peuvent désormais orienter les victimes vers l’association La Voix de Sarah lorsque cela est pertinent, et réciproquement. Cette coordination vise à assurer un accompagnement plus réactif et adapté, en fonction des besoins spécifiques des victimes dans le domaine du sport. 

Ce partenariat s’inscrit dans une logique de complémentarité des expertises, en associant le savoir-faire de France Victimes dans l’accompagnement juridique, psychologique et social, à l’approche engagée et ciblée de La Voix de Sarah dans la lutte contre les violences dans l’univers sportif

L’association La Voix de Sarah est joignable via un formulaire de contact disponible sur son site internet : www.lavoixdesarah.org/contact

Par ce partenariat, France Victimes réaffirme sa volonté de développer des synergies concrètes avec des structures expertes, afin de garantir à toutes les victimes un accompagnement digne, spécialisé et accessible, quel que soit le contexte dans lequel les violences sont subies. 


 

202507 Signature AMF 17

David Lisnard et Maryse Le Men Régnier © Léa Millet - France Victimes

 

Le 1er juillet 2025, à l’occasion d’une journée nationale de mobilisation contre les atteintes aux élus, France Victimes et l’Association des Maires de France (AMF) ont renouvelé leur convention de partenariat pour trois années supplémentaires. Une réponse conjointe à l’augmentation des agressions envers les élus locaux.

C’est au siège parisien de l’AMF, en présence des référents « atteintes aux élus » des associations départementales des maires, que s’est tenue cette journée d’échange et de travail. Coprésidée par Catherine Lhéritier et Frédéric Roig, élus locaux et co-présidents du groupe de travail Conditions d’exercice des mandats locaux, la rencontre a permis de dresser un état des lieux précis des violences subies par les élus et de partager les bonnes pratiques locales. Une délégation de France Victimes était également présente : Maryse Le Men Régnier, présidente de la Fédération, Jérôme Moreau, vice-président et porte-parole de la Fédération, et Jérôme Bertin, directeur général de la Fédération.

En clôture de l’événement, David Lisnard, président de l’AMF, et Maryse Le Men Régnier ont officiellement reconduit la convention nationale unissant leurs deux structures.

 

Des violences en hausse, une réponse structurée

En 2023, les agressions envers les maires et élus locaux ont augmenté de 32%, selon l’AMF. Pour y répondre, France Victimes mobilise ses 130 associations et plus de 1 700 professionnels – juristes, psychologues, travailleurs sociaux – répartis à travers tout le territoire. En 2024, 167 maires et 1 190 élus ont ainsi été accompagnés.

Cette prise en charge repose sur une coopération étroite entre les associations France Victimes et les structures départementales de l’AMF, avec un réseau coordonné de référents « élus » et « agressions » dans chaque territoire.

Également au cœur du dispositif, une ligne téléphonique nationale gratuite – 01 80 52 33 84 – permet aux élus et à leurs proches de bénéficier d’une écoute immédiate, assurée par les écoutants de France Victimes, tous les jours de 9h à 21h. Cette ligne est intégrée au Centre d’analyse et de lutte contre les atteintes aux élus (CALAE).

Les élus peuvent également se saisir de l’outil numérique Mémo de Vie leur permettant de conserver des éléments de preuves et de mieux comprendre leurs droits.

« Les violences envers les élus ne doivent jamais être banalisées », ont réaffirmé France Victimes et l’AMF. En renouvelant cette convention, les deux structures rappellent leur engagement commun : celui de garantir à chaque élu ou élue, victime d’une agression, un accompagnement professionnel, humain et confidentiel.

 

Retrouvez le communiqué de presse ici : Convention entre l'Association des Maires de France et la fédération France Victimes


 

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Jérôme Bertin, Samuel Comblez, Maryse Le Men Régnier et Jérôme Moreau ⎜ © Léa Millet - France Victimes

 

Le 1er juillet 2025, France Victimes et l’association e-Enfance/3018 ont signé une convention de partenariat nationale dans les locaux parisiens de l’association, en présence de leurs équipes respectives. Cette convention marque une volonté commune : renforcer la coordination entre leurs dispositifs d’écoute pour mieux accompagner les jeunes victimes de harcèlement et de violences numériques.

La signature a été officiée par Maryse Le Men Régnier, présidente de France Victimes, et Samuel Comblez, directeur général adjoint de l’association e-Enfance, en présence de Jérôme Moreau, vice-président et porte-parole de la Fédération, et Jérôme Bertin, directeur général de la Fédération.

 

Deux numéros, une même mission : la protection et l'information des personnes victimes

D’un côté, le 116 006, numéro d’aide aux victimes porté par France Victimes ; de l’autre, le 3018, numéro national dédié aux violences numériques, piloté par e-Enfance et accessible 7j/7 de 9h à 23h, par téléphone, tchat ou messagerie instantanée. Tous deux gratuits, anonymes et confidentiels, ces services permettent d’orienter enfants, adolescents, parents – victimes, auteurs ou témoins – vers une prise en charge spécialisée.

Ce partenariat prévoit la réorientation réciproque des victimes ou de leurs proches vers le dispositif le plus adapté. Les écoutants du 116006 et du 3018, ainsi que les professionnels des 130 associations France Victimes, travailleront main dans la main pour garantir un accompagnement continu, coordonné et respectueux de la confidentialité.

Au-delà du volet opérationnel, des actions croisées de formation et de sensibilisation sont prévues. France Victimes interviendra auprès des équipes du 3018 pour présenter ses modalités d’accompagnement juridique et psychologique. En retour, e-Enfance formera les associations France Victimes à ses outils de signalement et aux spécificités des violences numériques.

Conclu pour trois ans, ce partenariat s’inscrit dans une dynamique de protection globale des jeunes. Il répond à un besoin urgent : celui de mieux lutter, ensemble, contre les nouvelles formes de violences qui touchent les enfants et adolescents dans les espaces numériques comme dans la vie réelle.

 

Pour en savoir plus : Post LinkedIn de l'association e-Enfance/3018


Photos newsletterLa Fédération France Victimes, sous l'égide de sa présidente Maryse Le Men Régnier, continue à renforcer son engagement en faveur de ses adhérents, mais aussi des victimes à travers des actions et projets innovants. L'Assemblée Générale, qui s'est tenue le 24 mai dernier à l’ENM Paris, a marqué une étape importante de cette année 2025.

Cette journée, rassemblant près de 70 personnes issues de 50 associations du Réseau, a en premier lieu été l’occasion de rendre hommage une nouvelle fois à Robert Badinter, fondateur de l’aide aux victimes en France et qui a impulsé la constitution du Réseau associatif regroupé via l’INAVEM à l’époque.  

‣ Retrouvez le discours complet de Maryse Le Men Régnier pour cette Assemblée générale. 

Présentation des rapports clés

Lors de cette Assemblée générale, ont été présentés les rapports moral, d’activité et financier de la Fédération : il en ressort un contexte tendu et de profondes incertitudes budgétaires pour la Fédération et le Réseau, en lien particulièrement avec le Ségur et son application dans nos structures. 

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Le rapport d’activité présenté par Jérôme Bertin, Directeur général, a mis notamment en évidence 4 grands points s’agissant des actions de la Fédération :

1/ En direction des victimes :

​+ 27 % de victimes reçues par les AAV depuis 2019 ;

​+ 70 % d’entretiens réalisés en 6 ans ;

​+ 295 % d’entretiens spécialisés (EVVI, TGD, BAR, JR, etc), entre 2020 et 2024.

​+ 26 % d’appels au 116 006 entre 2023 et 2024

​À souligner : un taux de décroché très performant de 88 % sur l’année.

2/ En direction des adhérents : formations, diffusion de notes et fiches, supports de communication, regroupements multiformes proposés par l’équipe fédérale (webinaires, échanges de pratiques, séminaire des Directions).

Ont aussi été évoquées les démarches et actions de la Fédération en lien avec le Ségur, préoccupation majeure des derniers mois.

3/ En matière de promotion de l’aide aux victimes : soutien et valorisation de nouveaux dispositifs (CAJ, en lien avec les JOP), avec un focus dédié à Mémo de Vie.

4/ En matière de co-construction de l’aide aux victimes : expertise de la Fédération sollicitée au national (partenariats, auditions, etc) et à l’international avec de nombreux actions et projets européens dans lesquels est engagée la Fédération.

Retrouvez ici le rapport moral de la Présidente et le rapport d’activités de la Fédération : https://linktr.ee/francevictimes

Renouvellement du Conseil d’administration

8 membres du Conseil d’administration ont été élus : ont été renouvelés dans leur mandat les associations AVEMA FV 01, REMAID FV 26, AGAVIP FV 30, AL PRADO FV 33, FV 58 ANDAVI, SOS FV 67 et VIFFILAVI FV 69. De plus, une nouvelle association intègre l’équipe des administrateurs : Justice et Partage 43. 

Débats et perspectives 

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Deux sujets d’actualité ont été présentés :

- Carole Damiani a fait état des travaux du Conseil scientifique en sa qualité de Présidente : secret professionnel des AAV, imprescriptibilité et question de l’intégration du consentement dans la définition du viol ont constitué les principales thématiques ayant ensuite donné lieu à des échanges avec l’Assemblée ;

- Le projet stratégique, dans ses grands axes : l’idée phare est de disposer d’un document qui guide au mieux les AAV ; le Réseau sera sollicité via des webinaires au cours de l’année pour aboutir l’an prochain à une version finalisée de ce document. 

Prochain rendez-vous 

Maryse Le Men Régnier a rappelé que les Assises nationales se dérouleront à Strasbourg les 5 et 6 juin sur le sujet du harcèlement.


 

Les Assises nationales de l’aide aux victimes sont un rendez-vous majeur en lien avec la politique publique d’aide aux victimes.

Cette année, elles sont co-organisées par SOS - France Victimes 67 et la fédération France Victimes, et rassemblent les 130 associations du Réseau France Victimes, des partenaires ministériels, associatifs, des acteurs judiciaires et socio-judiciaires, des professionnels de santé, ainsi que de nombreux institutionnels engagés à l’échelle nationale et européenne. 

La 38e édition s’attache à explorer le harcèlement sous toutes ses facettes, un phénomène encore trop souvent invisible, mais aux conséquences profondes pour les personnes victimes.

Les débats s'articuleront autour de cinq grandes thématiques à savoir : le harcèlement scolaire, familial, dans l'espace public et professionnel, ainsi que le cyberharcèlement.

Chaque table ronde mettra en lumière les spécificités de ces contextes, les impacts pour les victimes, et les leviers d’accompagnement et d’action. Ces deux journées seront l’occasion de croiser les regards d’experts, de professionnels et de témoins, et de partager les bonnes pratiques pour mieux prévenir, identifier et accompagner les situations de harcèlement.

 

Pour l'après-midi réservée aux adhérents et la soirée de Gala du Réseau France Victimes, merci de vous adresser aux équipes de la Fédération

 

Jeudi 5 juin - PREMIÈRE JOURNÉE - Parlement européen

Parlement européen, 1 All. du Printemps, 67000 Strasbourg

8h – 9h : Accueil café

9h – 9h45 : Mots d'ouverture

9h45 - 10h30 : Conférence introductive -  État des lieux du harcèlement, portrait d'un mal invisible

11h - 12h30 : Table Ronde 1 - Harcèlement scolaire: terreau des premières tensions sociales

12h30 - 14h : Buffet déjeunatoire au Parlement européen

14h - 15h30 : Table Ronde 2 - Harcèlement dans la sphère privée : comment briser le silence ?

16h00 - 17h30 : Table ronde 3 - Harcèlement au travail : une violence insidieuse au cœur des dynamiques professionnelles

 

Vendredi 6 juin - SECONDE JOURNÉE - Parlement européen

Parlement européen, 1 All. du Printemps, 67000 Strasbourg

9h00 - 9h30 : Accueil café

9h30 – 10h : Discours d'ouverture 

10h – 12h : Table Ronde 4 - Harcèlement dans l'espace public :  de la rue au web, des espaces d'impunité ?

12h - 13h : Conclusion des 38es Assises nationales de l'aide aux victimes & Propositions d'actions concrètes pour lutter contre le harcèlement.

 

Informations pratiques : 

Pour obtenir d'avantage d'informations, veuillez contacter secretariat(at)sosfrancevictimes67.org 

Les places aux Assises de l'aide aux victimes sont limitées.

Programme des Assises de l'aide aux victimes 2025 (MAJ 02/06)

 

Aucun service de bagagerie n'est disponible au Parlement européen.  

Participation aux frais des Assises : 

  • Participation aux Assises (pauses café, déjeuner du jeudi et lunch box du vendredi inclus): 100 euros
  • Participation aux Assises avec soirée Gala : 150 euros

À l'inscription et le jour J :

  • Une pièce d'identité en cours de validité (carte nationale d'identité ou passeport) est nécessaire pour accéder aux bâtiments du Parlement européen. En vous inscrivant ultérieurement aux Assises, vous renseignerez ces documents et devrez apporter ce même document au Parlement le jour de votre visite.
  • Les photocopies des pièces d'identité ainsi que les permis de conduire ne sont pas acceptés.

Hôtels en proximité du Parlement européen :

  • AC Hotel Strasbourg****, 4-6 Bd de Dresde
  • Hotel de l’orangerie****, 58 allée de la Robertsau
  • La résidence Jean-Sébastian Bach****, 6 Bd Jean-Sébastien Bach, 67000 Strasbourg (hôtel avec ptt dej)

 La liste des hôtels sur Strasbourg 

 

 

 


Copie de La Rochelle Vidéo entière

 

Les 16 et 17 septembre 2024, l’Espace Reuilly à Paris a accueilli un colloque sur la protection des mineurs face aux violences, un enjeu crucial dans notre société moderne. Organisé par des professionnels de l'aide aux victimes, ces deux journées ont permis de faire le point sur les défis actuels et les innovations dans la prise en charge des enfants victimes de violences.

Lundi 16 septembre 2024

PROPOS D’OUVERTURE 

Maryse Le Men Regnier : Présidente de la fédération France Victimes et membre du collège directeur de la CIIVISE.

Isabelle Sadowski : Directrice Générale Adjointe de la fédération France Victimes

L'ouverture du colloque du 16 septembre a été marquée par les interventions d'Isabelle Sadowski, Directrice Générale Adjointe de la Fédération France Victimes, et de Maryse Le Men Regnier, Présidente de la Fédération et membre du collège directeur de la CIIVISE depuis avril 2024. Elles ont toutes deux mis l’accent sur la nécessité de renforcer la coordination interprofessionnelle et la prise en charge globale des enfants victimes de violences.

En 2023, ce sont 30 000 enfants victimes qui ont été accompagnés par les associations du réseau France Victimes, souvent dans des situations complexes mêlant aspects judiciaires, sociaux et psychologiques.

La Présidente Maryse Le Men Regnier a appelé à réfléchir sur les pratiques actuelles pour mieux répondre aux besoins spécifiques des jeunes victimes, notamment ceux en situation de handicap, qui sont plus vulnérables et nécessitent une attention particulière. Elle a rappelé les chiffres nationaux : 

  • 1 enfant meurt tous les 5 jours sous les coups de ses parents 

source : COMPAGNON Claire, DURAND Nicolas, DEL VOLGO Béatrice, NEYMARC Françoise, POINSO Isabelle, THOMAS Frédéric et LIOUVILLE  Évelyne, Mission sur les morts violentes d’enfants au sein des familles, https://www.justice.gouv.fr/sites/default/files/migrations/portail/art_pix/2018-044%20Rapport_Morts_violentes_enfants.pdf, publié en mai 2023, consulté le 20 septembre 2024.

  • 160 000 enfants victimes de violences sexuelles

source : CIIVISE, Violences sexuelles faites aux enfants "on vous croit", https://www.ciivise.fr/wp-content/uploads/2023/11/VERSION-DEF-SUR-LE-SITE-1611.pdf, publié le 17 novembre 2023, consulté le 20 septembre 2024.

  • 1 enfant par classe subit du harcèlement

source : GUILLERM Marin, MURAT Fabrice, SIMON Catherine, TRAORE Boubou, Premier résultats statistiques de l'enquête harcèlement 2023, https://www.education.gouv.fr/premiers-resultats-statistiques-de-l-enquete-harcelement-2023-380517, mis à jour en février 2024, consulté le 20 septembre 2024.

Isabelle Sadowski a souligné l’importance de dispositifs comme le mandat d’administration ad hoc, essentiel pour représenter les intérêts des mineurs tout au long des procédures judiciaires. Elle a également rappelé l’existence d’autres outils qui peuvent être déployés dans l’accompagnement des victimes mineures, notamment : mon parcours de justice, les chiens d’assistance judiciaire (CAJ), PAMIVI, parcours-victimes.fr ou encore Mémo de Vie

TABLE RONDE 1 : Les caractéristiques psycho-sociales des violences faites aux mineurs et accueil de la parole

Mélanie Dupont, Psychologue et docteure en psychologie

Corentin Legras, Doctorant en anthropologie

Jeanne Devèze, Doctorante en sociologie

Dès 9h30, les intervenants se sont penchés sur les aspects psycho-sociaux des violences faites aux mineurs. Plusieurs points clés ont émergé lors de cette table ronde, notamment la nécessité d'une prise en charge holistique des enfants et l'importance de l'écoute dans le recueil de la parole des jeunes victimes.

Les débats ont souligné l’importance d’adapter les approches selon les profils psychologiques des enfants concernés, en s’assurant de la coopération entre les divers professionnels - psychologues, travailleurs sociaux, forces de l’ordre - pour une prise en charge globale.

Les intervenants ont insisté sur la place prépondérante des parents et leur rôle dans la reconstruction de l’enfant, tout en tenant compte des limites de l’intervention parentale dans des contextes de violence.

CONFÉRENCE : Violences sur internet : comprendre l’utilisation et prévenir les usages numériques

Lors de la conférence de Samuel Comblez, Directeur Général Adjoint de l'association e-Enfance et Directeur du 3018, l'accent a été mis sur les violences numériques et la manière dont elles touchent particulièrement les mineurs. Samuel Comblez a souligné l’importance de prévenir et sensibiliser les enfants, adolescents et parents sur les risques liés à Internet. L'association e-Enfance, avec son numéro 3018, joue un rôle clé dans l'accompagnement des jeunes victimes de harcèlement en ligne et d'autres cyberviolences.

L'un des points marquants de son intervention concerne la nécessité d'une éducation numérique responsable, commençant dès le plus jeune âge, pour permettre aux enfants de naviguer sur Internet de manière sécurisée. L'un des défis majeurs est d'assurer une présence accrue d'adultes dans la sphère numérique, un besoin rendu plus urgent après la pandémie, qui a accéléré la numérisation des activités des jeunes. Il a également évoqué des solutions concrètes pour aider à protéger les enfants, notamment la création d'une application qui permet aux jeunes de signaler les cyberviolences de manière anonyme et sécurisée.

TABLE RONDE 2 : La protection des mineurs : quels acteurs, quels rôles ? Enjeux de la prise en charge collective

Bénédicte Kérébel, Juriste et administratrice ad hoc Conseil Départemental 92

Mélanie Dupont, Psychologue et docteure en psychologie

Véronique Béchu, Commandant de police, cheffe du pôle stratégie de l’Office mineurs

Lucie Klekte, Directrice Adjointe de France Victimes 31

Le panel d'experts a exploré les rôles variés des acteurs impliqués et les défis de la prise en charge collective des jeunes victimes. Les intervenants, dont des professionnels du social, des juristes et des représentants d’associations, ont souligné l'importance cruciale de la collaboration interdisciplinaire.

L'enjeu majeur discuté fut la nécessité d'une meilleure coordination entre l'État, les collectivités territoriales et les associations pour assurer une prise en charge cohérente. Ils ont également abordé les obstacles liés à la double gouvernance (administrative et judiciaire), soulignant l'importance d’une réponse rapide et adéquate, tout en respectant le droit de l'enfant à vivre en famille. Cette disparité de traitement selon les départements pose souvent des problèmes d'égalité dans l'accompagnement des mineurs.

 

Mardi 17 septembre 2024 

TABLE RONDE 3 : Attachement et parentalité

Nathalie Honoré, Psychologue clinicienne, thérapeute ICV

Magali Ledieu, Psychologue clinicienne, thérapeute ICV et experte judiciaire

Noémie Lavoine, Pédiatre

La deuxième journée s’est ouverte sur le thème de la parentalité et de l'attachement, un aspect fondamental dans la protection de l’enfant. La table ronde du matin a mis en lumière les pratiques innovantes pour renforcer le lien parent-enfant dans des contextes familiaux souvent difficiles. Les psychologues et la pédiatre ont par ailleurs partagé leurs retours sur des approches créatives et plus ludiques pour faciliter la parole des mineurs.

PARTAGE DE PRATIQUES : Aller vers des pratiques innovantes et créatives

Emmanuel Contamin, Pédopsychiatre et thérapeute EMDR

Maeva Largier, Psychologue clinicienne de l’AMAV 84

Lucie Potet, Psychologue clinicienne

Les intervenants ont présenté des approches novatrices pour mieux accompagner les mineurs victimes de violences. Un accent particulier a été mis sur la nécessité de réinventer les pratiques d’accompagnement en intégrant des méthodes créatives, telles que la thérapie par le jeu et des ateliers collectifs.

Le partage des pratiques professionnelles s’est poursuivi l’après-midi avec une conférence sur l’adaptation des outils d’accompagnement pour les enfants en situation de handicap. 

CONFÉRENCE : Adapter nos outils aux enfants en situation de handicap

L’accent a été mis sur les enfants en situation de handicap et la nécessité d’adapter les outils pour mieux les accompagner. Présidente de l’Association francophone de femmes autistes et elle-même victime de violences, Marie Rabatel a partagé son expérience personnelle et professionnelle pour faire évoluer les pratiques d’accompagnement.

Elle a particulièrement insisté sur la vulnérabilité accrue des enfants handicapés face aux violences, qu'elles soient physiques, psychologiques ou sexuelles. Marie Rabatel a également évoqué les défis liés à leur inclusion dans les dispositifs existants, en soulignant que 80 % des femmes en situation de handicap subissent des violences au cours de leur vie. Elle a plaidé pour une amélioration des ressources, notamment à travers des outils de communication alternative comme les pictogrammes ou le langage des signes, pour garantir une meilleure prise en charge et écoute des victimes. 

PROPOS DE CLÔTURE

Jérôme Bertin, Directeur général de la fédération France Victimes

Thierry Baubet, Professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’Université Sorbonne Paris Nord, chef de service à l’Hôpital Avicenne, AP-HP

Lors de leur intervention conjointe, Jérôme Bertin et Thierry Baubet ont clôturé la journée du 17 septembre avec une analyse approfondie sur les défis de la prise en charge des enfants victimes de violences. Jérôme Bertin, Directeur Général de France Victimes, a souligné l’importance d’une coordination interprofessionnelle entre les différents acteurs, de la justice aux services sociaux, pour garantir un suivi personnalisé et éviter la revictimisation des enfants.

Thierry Baubet, pédopsychiatre et spécialiste du psychotrauma, a quant à lui mis l'accent sur l'approche psychothérapeutique à long terme pour aider les jeunes victimes à surmonter les traumatismes. Il a évoqué la création de centres régionaux du psychotraumatisme, ainsi que le rôle des groupes de parole et des approches thérapeutiques adaptées pour les enfants et adolescents.

Une conclusion ouverte sur l'avenir

Ce colloque a été l’occasion de réaliser un partage de pratiques et d’expertises pour la prise en charge des victimes mineures et de leur entourage. Ont été abordées les questions cruciales de la coordination entre les différents acteurs impliqués dans la protection des mineurs, de la police aux associations d’aide aux victimes, en passant par les services sociaux. Le débat a souligné la nécessité de renforcer la communication entre ces acteurs, afin de garantir une prise en charge complète et continue pour chaque enfant.

Ces deux jours de colloque ont été riches en échanges et en propositions concrètes pour améliorer la protection des mineurs victimes de violences. Les participants sont repartis avec de nouvelles pistes de réflexion et des outils pratiques pour mieux répondre aux besoins des enfants. Ce colloque aura permis de renforcer les liens entre les divers intervenants du secteur, tout en ouvrant de nouvelles perspectives d’action pour les années à venir.

Ressources : 

Livres

  • TARQUINIO Cyril & AUXEMERY Yann, Manuel des troubles psychotraumatiques , France : Dunod, 2022 
  • HAINES Steve & STANDING Sophie, Le Trauma, quelle chose étrange, France : Ca et la Eds, 2019
  • DUPONT Mélanie & LEBRUN Pierre-Brice, Aide-mémoire - Droit à l'usage des psychologues, France : Dunod, 2024 (guide sur l'usage du droit pour les psychologues)
  • SHAPIRO Francine, EMDR Therapy humanitarian assistance programs : treating the physical, psychological and societal effects of adverse experiences worldwide, Etats-Unis :  2014
  • ROQUE-LOPEZ Susana., Mental health benefits of a 1-week intensive multimodal group program for adolescents with multiple adverse childhood experiences , Etats-Unis : Child Abuse & Neglect 122, 2021
  • CONTAMIN Emmanuel, Guérir de son passé : avec l'EMDR et des outils d'autosoin, Paris : Odile Jacob, 2023 (ouvrage sur les techniques d'autosoin en EMDR).
  • CONTAMIN Emmanuel, Prenons soin de nous, France : Larousse, 2023 (livre de techniques d'autothérapie avec des ressources psychoéducatives).
  • CONTAMIN Emmanuel, Les 5 cercles de la résilience, Larousse, 2021
  • SOUCHE Lionel, Thérapie EMDR pour l'enfant et l'adolescent : 12 études de cas, Paris : In press, 2019 (ouvrage collectif sur l'EMDR appliqué aux enfants)
  • CHOUVIER Bernard, La médiation thérapeutique par les contes, France : Dunod, 2015
  • GRYSON-DEJEHANSART Marie-Christine, L'enfant agressé et le Conte créatif, France : Dunod, 2013
  • LEFEVRE Anne, 100% Winnicott, Paris : Eyrolles, 2012  (ouvrage recommandé pour synthétiser les travaux de Winnicott sur la co-création d'un espace thérapeutique avec les enfants).
  • SMITH Joanna, Le Grand livre des 1000 premiers jours de vie : développement - trauma - approche thérapeutique, France : Dunod, 2021 (recommandé pour comprendre les règles d'écriture des contes thérapeutiques).
  • GHEERBRANT Alain & CHEVALIER Jean, Dictionnaire des symboles : Mythes, rêves, coutumes, gestes, formes, figures, couleurs, nombres, France : Bouquin éditions, 1997 (utilisé pour l'écriture des contes adaptés aux enfants).

Articles de revues

  • BULLENS Quentin, "Neuropsychiatrie de l'enfance et de l'adolescence", La Tâche Du Château : construction d’un outil d’exploration métaphorique pour l’enfant victime d’abus sexuel. Neuropsychiatrie de l'Enfance et de l'Adolescence, (60), 461-467, 2012.
  • WINNICOTT Donald, Journal de la psychanalyste de l'enfant, Le jeu du Squiggle. Journal de la psychanalyse de l'enfant, (5), 29-36, 2015. (travail sur la co-création d'espaces thérapeutiques avec les enfants).

Sites web

Rapports

Le Livret du Colloque