Témoignages

Paroles de victimes 

"Sous l'emprise de mon conjoint, j'ai passé 17 ans de ma vie à être enfermée dans un cycle de violence sans en avoir conscience. Au début de notre relation, j'ai quitté le père de mes enfants pour m'installer avec lui car j'étais subjuguée par sa personnalité. Il m'a ensuite demandé de quitter mon emploi pour déménager avec lui et j'ai refusé. J'ai alors subi plusieurs viols conjugaux et mon corps a lâché : j'ai du être hospitalisée car j'étais en état de dénutrition, en fatigue psychologique et physique. La violence d'un huis clos est imperceptible depuis l'exterieur, et moi même j'ai mis du temps à réaliser."

Femme, victime de violences conjugales 

 

"J'ai 75 ans, je suis marié, j'ai 2 enfants et je vis à la campagne. À l'été 2015, je me suis retrouvé face à un tracteur à l'arrêt, sur un chemin étroit et boueux. J'ai demandé au conducteur de dégager la chaussée. Il est alors descendu de son véhicule et m'a donné plusieurs coups de poings, des coups de pied, tout en m'insultant. Je me suis dirigé vers la gendarmerie la plus proche, qui m'a transféré à l'hôpital après des premiers examens. C'est à ce moment là que j'ai pris contact avec une association d'aide aux victimes, dont j'ai eu connaissance aux urgences. L'association m'a accompagné dès le moment du dépôt de plainte et m'a expliqué l'importance de ma présence au procs pour que mon témoignage soit entendu. Même si mon témoignage fut difficile , ce fut un soulagement d'être accompagné par l'association et de pouvoir parler de l'impact de cette agression sur ma vie. Pour moi la peine n'est pas satisfaisante (4 mois de prison avec sursis) au regard des conséquences sur l'explosion de ma famille. Je n'ai pas pu garder mes petits-enfants pendant plus d'un an..."

Homme, 75 ans, victime de violences volontaires 


"Dès mes 3 ans, j'ai été violée par mon grand-père, qui s'occupait de moi alors que ma mère était malade d'un cancer. Quelques années plus tard, j'ai également été attouchée par le fils de ma nourrice, à un âge où je n'arrivais pas à trouver les mots. Vers 31 ans, j'ai envoyé quelques lettres à ma tante, mon oncle et ma cousine afin de pouvoir m'exprimer sur ce qui s'était passé. Ne me sentant pas bien physiquement et surtout psychologiquement, j'ai été suivie par un psychologue de la CPAM, qui m'a ensuite orienté vers une association d'aide aux victimes. J'ai pu y trouver un groupe de parole qui m'a permis de qualifier les faits. C'était important. J'ai décidé ensuite, avec l'aide de l'association, de porter plainte. Mon grand-père étant décédé, il y'avait eu prescription, mais le fait de porter plainte m'a permis d'avoir un sentiment de reconnaissance de mon état de victime, et m'a permis de me défaire de ce sentiment de culpabilité et de honte"

Femme, 41 ans, victime de viol et d'inceste 

 

"Il y'a 5 ans, j'ai subi une tentative de meurtre par mon épouse, son amant et un homme de main. Ils m'ont assené 7 coups de couteaux et m'ont drogué à la benzodiazépine. Mon épouse a été mise en détention provisoire et mes enfants ont été placés en maison de l'enfance pendant mon hospitalisation. Elle a ensuite été condamnée à 20 ans de prison sans appel, son homme de main à 13 ans et son à amant à 10 ans. J'ai eu connaissance de l'association par Internet et via la procédure SOS Victimes que j'ai contacté 8 mois après les faits. Cela m'a permis de bénéficier d'une aide juridique et d'une bonne orientation mais également d'une réelle écoute de ma part de la psychologue, que je consulte encore aujourd'hui, à raison d'une fois par mois."

Homme, 45 ans, 6 enfants, victime de tentative de meurtre par son épouse

 

Des victimes témoignent sur le soutien apporté par les associations d'aide aux victimes


« Le lendemain de la collision entre le train et le camion, aux urgences, on m'a montré La Dépêche : il y avait un article sur l'accident avec les coordonnées de l'association d'aide aux victimes. Le 4 octobre, j'ai eu rendez-vous avec une psychologue que j'ai revue cinq fois, entre 1 h 30 et 2 heures. Le fait que ce ne soit pas chronométré, c'est important quand on a besoin de parler. Et puis, n'ayant pas un salaire élevé, ça m'a permis d'avoir un suivi important sans me demander si je pouvais me le permettre. L'association m'a aussi aidé à monter un dossier pour être indemnisé. Bien que travaillant dans le droit social, sans l'association, j'aurais perdu du temps. Cette association permet d'avoir un accès rapide et clair au droit. C'est le lien indispensable entre les victimes, la justice et les auteurs d'agression. J'ai été interloqué quand j'ai appris qu'elle avait des difficultés. Je pensais qu'elle était intégralement financée par l'État. Dès que j'aurai l'indemnisation, je ferai un don pour les remercier de ce qu'ils m'ont apporté, c'est certain, car ils sont là du début à la fin. »


Cédric, 32 ans, gravement blessé dans l'accident de TER à Gimont le 27 septembre 2010 

 

« Après l'agression, je ne voulais rien dire. J'avais honte. Ce sont les enfants que je gardais qui ont parlé le lendemain. Deux jours après, j'ai fait une déposition à la gendarmerie. C'est eux qui ont prévenu l'association d'aide aux victimes. J'ai très vite été reçue. L'intervenant m'a tendu la perche pour raconter, et m'a déculpabilisée. C'est quelqu'un à qui l'on peut tout confier sans être jugée. Il a su refaire le puzzle, même s'il y a toujours la cicatrice. Il m'a conseillé de porter plainte. Une dame de l'association m'a accompagnée au procès ; ça m'a fait du bien, comme la condamnation de mon ex. C'était important que je sois reconnue comme victime, notamment pour ceux qui minimisaient en disant que c'était juste une gifle ou deux. Mais ce n'était pas une gifle ou deux ! Après ça, je ne pensais jamais pouvoir assez remercier l'association. Des gens qui vous tendent la main sans rien demander en retour, c'est tellement rare ! C'est pour ça que j'ai accepté de témoigner. Il faut que cette association ait les moyens de continuer à fonctionner. »
 

Céline, 39 ans, agressée de nuit par son ex compagnon. 

 

« C'est au tribunal qu'on nous a parlé de l'association d'aide aux victimes. Cette dernière nous a mis en relation avec une association spécialisée qui s'est constituée partie civile avec nous, ce qui nous a permis d'avoir l'appui de son avocat spécialiste dans les traumatismes crâniens chez les nourrissons. En parallèle, on pouvait passer à l'association d'aide aux victimes quand on voulait, ça fait du bien d'être écouté. À l'approche du procès, ils nous ont expliqué comment ça allait se passer. A l'audience, deux intervenantes de l'association d'aide aux victimes étaient présentes. Elles nous ont fait un débriefing. Un mois après, l'une d'elles nous a raccompagnés au délibéré. Elle nous a expliqué la sanction pénale, car c'est pas évident à accepter juste 4 mois avec sursis vu le mal qui a été fait à notre enfant ; je m'attendais à plus. Aujourd'hui, on a tourné la page, grâce à la condamnation et à l'association. Il faut soutenir les associations qui s'occupent des victimes. »


Laurent, 35 ans,
 son fils de 7 mois a été frappé par sa nounou. 



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